mardi 27 septembre 2016

Résumé de La Résistance, épreuve de Gravel




Ce samedi 24 septembre 2016 a eu lieu l’une des premières épreuves de Gravel de France ! Pour les novices ou ceux qui ne sont pas à 101% (pour faire un clin d’œil à un futur partenaire !) sur les évolutions du cyclisme, j’avais fait un article sur cette nouvelle discipline venu des États-Unis.
Retrouvez cet article ici : Initiation au Gravel.



La résistance est une épreuve non chronométré autour du thème et sur les lieux historiques de la résistance lors de la seconde guerre mondiale:
 
    
Entre janvier et mars 1944, sur ce plateau des Glières plusieurs centaines de maquisards se sont battus contre les forces de Vichy puis contre une division de la Wehrmacht ! Mais par la suite ce fût le lieu où prêt de 3000 hommes ont accueillis les parachutistes qui vont libérer les deux Savoie dans les jours qui suivirent. Depuis une association s’est créé en souvenir de ce lieu devenu symbolique : l’association des Glières. 

Un monument baptisé Gilioli a été installé sur ce plateau avec tous les ans une cérémonie militaire rendant hommage à ces combats.



Etant militaire d’active, ayant participé à plusieurs opérations extérieurs, je fus nommé ambassadeur de l’épreuve.
Un grand merci aux organisateurs pour leurs confiances et cet honneur ! Deux autres athlètes militaires et blessés de guerre ont également ce statut.

Maintenant que vous connaissez un peu l’historique des lieux et le pourquoi du nom de La Résistance découvrons plus en détails les parcours et cette journée (130 kms 3200m de D+ ou 90 kms 2400m de D+) :



 
                Tout d’abord la météo était vraiment de la partie avec une journée encore très estivale pour cette fin septembre : grand soleil et chaleur annoncé ! Je suis sur la plage de Talloires de bonne heure pour déguster un bon café de chez Café Bunna et finir de préparer mon Grade 9 en titane sur-mesure et spécialement conçu pour la pratique du Gravel.
Vérifications de mes roues carbones Alpin’s Wheel, mes pneus Gravelking de chez Panaracer, pression basse 4 bars à l’avant et 4,4 pour l’arrière. En effet pour ne pas exploser la roue, rebondir ou pire éclater le pneu sur les portions gravel, il faut être en basse pression. Attention à ne pas être sous-gonflés sinon la chambre risque d’être pincé. C’est pourquoi je vous préconise cette pression dans un premier temps, à affiner par la suite individuellement. 
Quelques échanges très sympathiques avec les étrangers et passionnés de beaux matériels présents. Mon Titane fait forte impression et certains me demande de prendre la pause avec pour immortaliser ce dernier sur différents forum ou site de beaux vélos ! Chimpanzee est partenaire de l’évènement, dans le dossier de coureur, une barre de l’effort (Energy Bar) et des bonbons énergétiques (Energy Chews) sont offerts. Ass-Savers de même avec la plaque de dossard spécifique à accrocher sur le tube de selle, et un garde boue Ass-Savers offert en plus!  Mavic également présent assurera les interventions et soutiens mécaniques


8h30, je suis dans la première vague de coureurs avec les invités et mes camarades blessés de guerre. Nous partons sur un petit rythme pour nous mettre en jambes, d’autant plus que la température est fraîche à cette heure-ci. Au bout de 8,2 kilomètres, nous entrons sur la première portion de gravel,juste de quoi s’échauffer (2,7 kilomètres), et déjà certains ont un peu du mal à manier leur vélo. D’autres sont très adroits, un concurrent est même en fixie ! De mon côté tout se passe bien, j’ai du plaisir à chercher où placer mes roues, gérer mon équilibre et ma motricité. C’est véritablement un pilotage différent de celui que nous connaissons en route, cela se rapproche plus du cyclo-cross voir VTT XC. J’arrive au pied du col de l’Arpettaz (14,4 kilomètres à 8% de moy) qui est le plus long de la journée. Je suis sur un gros tempo, malgré que cette épreuve ne sois pas chronométré j’en profite pour me faire un "entrainement course" et grimpe au seuil. Je suis tout seul toute la montée en réalisant en très beau temps de 51’50’’. A peine le temps de faire tamponner ma carte de route au refuge et je me lance sur la route de la soif (5 tampons obligatoires servaient de référence pour être sûr que chaque partcipant a bien réalisé le parcours).
C’est LA portion gravel du jour. 14,7 kilomètres qui relie les cols de l’Arpettaz et celui des Aravis sur une route absolument magnifique mais un peu trop haute-montagne et pas assez gravel…  C’est le point négatif à mon sens de la journée et cela va se préciser dans les minutes qui suivent. Au bout de 500m je crève de la roue avant ! Pas de panique, je percute ma bombe anti-crevaison et repars mais encore 200m plus loin de nouveau crevé et cette fois la chambre éclate, la mousse s’échappe entre le pneu et la jante ! Fort heureusement j’avais vu la moto de dépannage Mavic en "standby" au début de la route. Demi-tour, je me fais dépanner une chambre à air et je repars juste derrière le second concurrent qui vient de franchir à son tour le sommet. Je suis prudent, je fais attention à ne pas taper la roue, à ne pas rouler sur des cailloux trop pointus ou coupants mais cette fois après 1 kilomètre sur cette route (décidément maudite pour moi) nouvelle crevaison ! Cette fois je n’ai plus rien pour dépanner, je rage, je pense à abandonner ! Je charge mon Grade 9 sur l’épaule comme un cyclocrossmen et remonte au sommet. Après plusieurs tentatives de réparations, rien n’y fait. Nous décidons d’aller jusqu’à la sortie de cette portion gravel pour prendre une roue au camion Mavic. C’est donc sur la moto avec le vélo sur l’épaule que je franchis cette portion !
Je vous avoue que je suis déçu et surtout honteux vis-à-vis de ceux que nous doublons. Une fois à l’assistance, les gars me montent une roue avant avec un changement de disque vraiment vite (comme en F1 !). Au total j’ai presque 1h d’interruption de mon chrono !
Il est déjà presque 11h30 et la chaleur commence à se faire sentir. Nouveau tampon et je repars pleine balle dans la descente. Je traverse la station de La Clusaz et laisse sur ma gauche "La Petite" qui rejoint le Col de le Croix Fry avant de replonger sur Talloires.
 

A Entremont je tourne pour aller chercher le bas du col des Glières (6,8 kilomètres à 10% de moyenne !) Celui-ci est court mais très raide, je reprends mon rythme élevé, je redouble de nombreux concurrents.

Au sommet nouveau pointage et nouvelle portion gravel pour relier l’autre partie du plateau. Cette fois nous sommes sur une bonne portion de chemin, rien à déclarer tout se passe bien, toujours des paysages à couper le souffle !
 



Une petite pause pour admirer le monument Gilioli des Glières puis je plonge dans la longue descente.







Celle-ci est technique, avec un freinage hydraulique je me permets de freiner tardivement et flirte avec les 80km/h, malgré une chaussée très étroite et sinueuse…
Sur une portion de faux plat je rattrape un concurrent qui me dit être le second. Celui-ci est un représentant de Vélosophe et ancien champion du monde des professions de la médecine ! Un bon concurrent si vous préférez. Avant denier pointage sur la nécropole nationale de Morette. Nous nous entendons bien et roulons de concert jusqu’à l’arrivée que nous franchirons ensemble. Récupération de nos fameuses cartes tamponnées pour recevoir le dernier tampon et valider officiellement le parcours de La Résitance!
 
Au total j’ai 4h55 (sans les pauses) pour ces 130 kilomètres. Cela signifie une moyenne basse mais avec les portions gravel il n’est pas possible de tenir une grosse moyenne. Le parcours est absolument magnifique, j’en ai pris plein les yeux, un petit bémol sur le fléchage un peu juste, j’ai dû quelques fois chercher ma route ou revenir sur mes pas pour vérifier si le fléchage était bien présent et surtout si j’étais dans la bonne direction. Un point à améliorer pour les prochaines éditions. 


Une fois la douche prise, je me ravitaille en vitesse et patiente sur cette magnifique plage de Talloires jusqu’à la tartiflette géante. Encore je pense un point à améliorer, les premières parts sont servies sur les coups de 18h bien passés… Cependant des portions généreuses sont servies. Cela fait du bien après une journée qui malgré que ce ne soit pas une course a laissé des traces !

Le rosé, Burger, Bagel et Tartine sont également proposés mais non compris dans le repas Le reste de la soirée sera dansante avec un « flashback » dans les années d’après-guerre à l’occasion d’une Guinguette. Une démonstration de danse d’époque est dispensée suivis par tous ceux qui ont encore la force et désirent danser toute la nuit !





 Pour conclure, c’est une très belle épreuve qui a le mérite d’oser le Gravel en France. Etant leur première organisation, certains points sont à améliorer mais c’est avec des critiques constructives que chaque année les évènements se remettent en question et s’améliorent ! De plus avec plus de 120 participants pour une première, c'est une véritable réussite qui je pense va en lancer de nouvelles par la sutie.
 
Alors vivement 2017, testez le Gravel et découvrez de nouveaux horizons !