mardi 19 avril 2016

Résumé de la Cyclo’Corse 2016




Bonsoir,

 
Je vais vous faire le résumé d’un très beau week-end et d’une épreuve classée parmi les plus belles cyclosportives au monde : La Cyclo’Corse version 2016.
Comme les années précédentes, cette épreuve se déroule sur 2 jours avec plusieurs formules aux choix :      Samedi et dimanche cyclosport chronométré ; Samedi ou que dimanche chronométré ou la formule randonnée sur 2 jours sans chrono. Et toujours le choix du dimanche des différents parcours : 118 kilomètres ou 140 kilomètres. J’avais opté pour la première formule et le grand parcours du dimanche.

C’est avec une équipe de cycliste de mon Bataillon de Chasseurs Alpins (CSA 13èmeBCA) que nous effectuons la traversée dès le jeudi soir afin de rouler le vendredi. C’est sous un très beau soleil et une température très agréable pour cette mi-avril que nous effectuons une sortie de déblocage mais sur un parcours assez difficile (50 kilomètres et 1020m de D+…). En revanche nous avons ainsi repéré quasiment l’intégralité des deux cols chronométrés du lendemain. En effet la particularité de la première épreuve consiste à ne prendre en compte que le chronomètre sur les deux montées et d’effectuer un cumul du temps de ces deux ascensions.

                Samedi 16 avril : 71 kilomètres prévus, 3 cols (Col de la Vierge ; Chapelle de Murato ; Col de Teghime) pour un dénivelé de 1261m. Comme vous le constatez sur le profil ci-dessous, en tout seul 26 kilomètres sont "en course" le reste sera neutralisé.
J’opte pour un mixage de mes roues artisanales carbones  Alpin’s Wheel, ma 50mm de profil à l’arrière et ma 20mm à l’avant. Ainsi ce mixage permet d’avoir une roue arrière rigide et nerveuse et à l’avant une roue très légère et précise pour des démarrages violents !
C’est sous un soleil très timide que le départ est donné mais un vent assez fort souffle depuis la mer et chassera les nuages par la suite. Après ce départ fictif, la voiture ouvreuse nous lance sur le premier col et tout de suite les premiers attaquants de la journée déciment le peloton !
Je reste dans les premières positions sans répondre. Puis des attaques plus dangereuse de "clients", je saute dans les roues, un contre, je repars, moi-même je place une attaque pour recréer une sélection. Nous avons effectué seulement 3 kilomètres de montée et déjà nous ne sommes même pas une dizaine ! 2 coureurs du Team Sprinters Tropéziens montent au train sans jamais répondre aux attaques. Je me méfie de ce duo qui monte très vite sans à-coup. Au sommet du col de la Vierge, ce duo "fait la bascule" je saute dans les roues avec un autre concurrent. Nous effectuons la fin de cette première portion chronométrée à 4 où je termine 3ème du sprint, un peu surpris de voir surgir la ligne d’arrivée juste après un virage…

Après un ravitaillement et enfilé ma veste nous sommes obligés d’attendre tous les concurrents avant de repartir au pied du second col. Deuxième départ toujours lancé derrière la voiture et le même attaquant relance une brindille !
J’avais remarqué que les Tropéziens montaient plus au train que par à-coup, de plus c’est eux qui imposent un tempo correct. La première partie du col est très roulant (entre 3 et 4% de moyenne), je décide d’attendre des pourcentages plus favorables pour moi avant de lancer les hostilités. Nous arrivons sur les portions plus raides mais le goudron est très dégradé avec de fortes rafales de vent qui ricochent sur la falaise tantôt de face tantôt de dos… A 3 kilomètres du sommet je place une attaque et quelle attaque : un pic à 960w vent de face juste avant de tourner et de profiter du vent pour tomber 2 dents et relancer à près de 39km/h ! Je suis tout seul, le trou est fait derrière ça s’affole mais 3 kilomètres c’est long et surtout derrière je vois que le train rose (de St Tropez) a accéléré. Je me relève et décide de reproduire mon effort dans le dernier kilomètre. Nous ne sommes plus que 7 ou 8, chacun met la sienne. Mais toutes ces attaques ne sont pas assez violentes pour perturber le tempo. Je redémarre à 800m, le vent n’est plus porteur et j’emmène du monde sur mon porte-bagage ! 
Je me fais contrer, je saute dans la roue, nous ne sommes plus que 3 pour la victoire et enfin creuser un écart (nous sommes tous les 3 dans la même seconde suite au premier secteur chronométré !). Comme au sommet de la Chapelle de Murato, je termine 3ème  dans le même ordre d'arrivée!

Je suis tout de même satisfait de ma journée et de mes montées car j’ai tout tenté, j’avais de très bonnes sensations dans les ascensions et je pense déjà au lendemain où la bagarre sera rude ! 


                Dimanche 17 avril : 140 kilomètres et 1950m de D+ prévus avec une arrivée jugée en haut d’une ascension de 4 kilomètres. 9h30, je suis sous l’arche du départ avec de grosses ambitions et surtout 1’’ à reprendre pour terminer 1er de ce week-end Corse ! J’opte pour la même configuration de roue, mes boyaux gonflés à 7,7 et 8,1 bars (la météo prévoit quelques gouttes de pluie de l’autre côté du Cap…)
Après un fictif de 9 kilomètres nous escaladons le col de Saint Stefano où deux hommes prennent le large. Dans le pack une chute provoque une cassure. Certains arriveront à revenir mais hélas pas tous dont certains de mon Bataillon… Devant nous roulons sur un rythme de sénateur, si bien qu’après la traversé de Saint Florent le duo comptabilise 3’ ! C’est alors que le train rose se met en place, relayé par quelques autres individualités. Je reste dans la roue du leader de la veille.
La remontée du Cap Corse est magnifique avec ces falaises et ces plages au sable noire si caractéristique, hélas un vent de face freine un peu notre progression. Dans le col du moulin Mattei, l’écart fond si bien qu’au dernier kilomètre ils sont rejoints. Dans la descente un coureur laisse un trou, le coéquipier du leader devant s’aperçoit et fonce littéralement dans la descente pour augmenter l’écart ! Cette manœuvre très intelligente de sa part m’oblige à me découvrir (il est 4ème à 13’’ et surtout très fort physiquement et tactiquement, il cour pour une équipe professionnel aux USA !). Je me lance dans la poursuite. En bas l’écart avoisine les 20’’ ! Je roule à bloc mais cette portion de route ne m’est pas favorable, profil plutôt plat avec vent de 3/4 dos ! De plus j’ai seulement le soutien de quelques concurrents (merci à l’équipe de vélo 101 et Jean-Luc !). Après une très longue poursuite nous parvenons à revenir sur les fuyards mais à peine repris (et je m’y attendais), le leader attaque ! Je vais le chercher, tout de suite son coéquipier en remet, je repars. Ce petit jeux va durer jusqu’au pied de la dernière difficulté ! Je sens que celle-ci va être très dure !
Je profite d’un peu de répit pour avaler un gel énergisant (merci Pédaleur Box !) Je sens les jambes fatigués, les crampes qui viennent, je bluffe en répondant aux attaques par un contre !

Nous ne sommes plus que 5 pour une victoire d’étape et 2 pour le challenge CycloTour ! Dans le dernier kilomètre le plus jeune de notre club des 5 place un démarrage violent, le leader saute dans sa roue, je coince un peu, il se retourne et en profite pour enfoncer le clou en plaçant un nouveau démarrage, je me dresse sur les pédales les jambes gorgées de sang et de crampes ! Je ne parviens pas à combler le trou, la victoire s’envole…


 
Je termine encore 3ème de cette étape à 8’’ du leader qui conforte sa première place au Challenge CycloTour ! En revanche je termine 2ème du classement général de ce week-end Corse et 1er des Masters 2 (35-39 ans).


Quant aux autres de mon Bataillon, ils ont tous terminés cette belle épreuve avec pour certains la première fois qu’ils participaient à une cyclosportive ! Je tiens à les féliciter, Bravo les gars !

Sur le coup j’étais déçu de ne pas avoir accroché cette belle épreuve à mon palmarès, mais avec du recul je suis content de mon week-end. De plus je ne peux rien regretter car j’ai vraiment tenté et fais ce que j’ai pu pour gagner ! Mais la chose la plus marquante et importante, j’ai enfin réussi à courir la tête libérée !
 Tous ont reconnus ma supériorité physique mais tactiquement les Tropéziens ont vraiment très bien joués et je tiens à les féliciter ! Nous nous sommes donné rendez-vous le 8 mai sur la Lozérienne

Retrouvez l’ensemble des résultats du week-end ici et les photos ici.