lundi 10 août 2015

Tour cycliste International de Guadeloupe 2015



Bonjour,

Étant sélectionné par l’équipe de France cycliste des Clubs de la Défense, pour le Tour cycliste International de la Guadeloupe, je vais vous faire un résumé de chaque étape. Ce Tour est un des plus difficiles au niveau amateur. Classé en 2.2 soit une course élite professionnelle ouverte aux amateurs de 1ère catégorie, le plateau est donc très relevé! En tout ce Tour compte 11 étapes en 9 jours de courses sans compter le prologue qui ne compte pas pour le général. C’est donc un Tour qui s’annonce très exigent et très dur surtout avec la chaleur et l’humidité constante ici.

Pour ce faire j’ai emmené dans mes bagages une paire de rouealuminium à pneus, plusieurs chambres à air et une paire de pneus supplémentaires. Du côté de la diététique, j’ai pris également de la boissond’effort, des gels et des barres énergétiques car les étapes sont assez longues (environ 145km en moyenne…). Je vous ferai part au fil des étapes de mes ressentis et de mes sensations tout au long de cette épreuve!

Vendredi 31 juillet – Prologue : Aujourd’hui le Tour commence par un prologue par équipe court de 5,58km seulement!
Un profil relativement plat et tout simplement un aller-retour sur de grands boulevards exposés au vent. Après avoir effectué un échauffement très sommaire et compliqué au sein de la ville et de la circulation nous nous présentons au départ. Tout de suite bien parti et grâce au vent dans le dos nous trouvons notre rythme. Pour ma part qui suis loin d’être un spécialiste de la discipline je prends mes relais comme je peux et subi même le rythme de certains de mes coéquipiers! Nous terminons ce prologue dans un temps honorable de 6min 57sec… Mais au final cela nous classe 10ème. Fort heureusement ce prologue ne compte pas sur le général du Tour, mais juste à faire une présentation dynamique de chaque équipe et d’attribuer les maillots distinctifs pour le lendemain.

Samedi 1er aout – 1ère étape : Au menu de ce jour, une longue étape de 158km entre Pointe à Pitre et Sainte Anne! Seul deux côtes sont répertoriées, les deux de 3ème catégorie. Par contre la chaleur est déjà très présente et le vent s’invite sur l’étape.
10h nous partons sur une allure très rapide malgré ce vent de face et le premier GPM! Des petits groupes sortent mais sans creuser l’écart. Derrière je reste vigilant en faisant attention de rester placé. Je redoute une bordure avec ce vent qui devient de plus en plus violent… Sur une portion qui pourtant ne s’y prêtait guère je vois deux équipes qui remontent et forment la bordure ! Je suis un peu loin, j’essaye de vite me replacer mais certains trop faibles laissent un trou et je suis obligé de voir tout un groupe d’une vingtaine d’unité partir dans le vent! Je tente avec quelques gars de boucher le trou mais devant c’est un véritable CLM par équipe qui se déroule! Peine perdu je ne rentrerai jamais… Je me retrouve dans le peloton complètement déçu et la rage au ventre d’avoir manqué ce coup! Derrière c’est l’enterrement, de plus certains laissent des trous de ce fait le pack se divisent en 2… Ça frotte pour rien, c’est la course au bidon, si bien que je me fais éjecter contre un trottoir, j’évite la chute mais je casse ma pédale droite!
Impossible de clipser ma cale! Il reste encore 70km! Du coup je m'abrite dans les roues et termine dans ce peloton à plus de 7min des vainqueurs et de cette bordure qui m’a fait défaut, je m’en veux de n’être pas resté attentif pour sauter dans ce premier peloton ce qui m’aurait permis de jouer une place au général et une place sur l’étape…
Maintenant je pense me concentrer sur certaines étapes et si le classement général redeviens accessible, alors pourquoi ne pas tenter quelque chose.



Dimanche 2 aout – 2ème étape 1er tronçon : Aujourd’hui nous avons deux demi-étapes, la première de 100km qui part de Sainte-Anne et arrivé au Gourbeyre. Pour résumé, 85km de plat ou vallonné et ensuite une succession de bosses jusqu’à l’arrivée jugé au sommet d’un GPM de 2ème catégorie! J’avais pointé cette étape, avec mes qualités de grimpeurs je compte bien m’illustrer sur ce Tour. La première partie de course se déroule très rapidement, des groupes sortent, je tente de prendre les coups mais hélas je manque de réussite contrairement à certains de mes coéquipiers qui ont réussi à prendre "la bonne"! Je ne m’affole pas je sais que dans les bosses nous reprendrons tous ce monde… Mais au 85ème kilomètre je me retrouve complètement isolé dans le peloton, personne pour me remonter quand la course embraye! Une cassure s’opère je suis pris dedans, je tente de revenir, je me fais sauter le cœur! Devant la bagarre est déclenché, je ne parviens pas à revenir à temps, je suis fou de rage d’avoir été esseulé de cette façon par mon équipe! Je termine les ascensions en remontant des gars mais loin de la victoire et loin de mes ambitions du matin…

Dimanche 2 aout – 2ème étape 2ème tronçon : Après digestion (difficile) du matin je me reconcentre sur le CLM de l’après-midi. Celui-ci pourrait bien me convenir : 7,5km dont plus de 4 en montée pour un dénivelé de 510m… Le CLM de Saint-Claude qui fait peur à tout le monde! Je m’échauffe sur un Home-Trainer et me présente au départ avec un contrôle du poids de mon Focus Izalco Max par un contrôleur UCI, 6Kg960 (avec des roues alu à pneus…) feu vert ! La pluie vient de s’inviter rendant la route très grasse. Je pars dans un bon rythme, je suis prudent (peut-être trop) sur la première portion avec les ronds-points et les virages glissants. Ensuite se dresse devant moi le mur, je tourne bien les jambes, j’ai une bonne cadence malgré les pourcentages à plus de 10%, le cœur est stable à 178puls de moy, les watts sont corrects, je gère bien ma montée, je double même le concurrent parti 1’ avant moi, je franchi la ligne en 23’27’’! Un temps moyen et décevant pour moi qui comptais réaliser moins de 22’ pour être dans le haut du tableau, je termine 32ème très loin de mes ambitions! Mais la chaussée humide, et ma prudence m’ont fait défaut ! Décidément je commence à douter de moi sur ce Tour…

Lundi 3 aout – 3ème étape : Aujourd’hui et après une courte nuit, (retour tard à l’hôtel et réveil de bonne heure…) nous avons 154km de course pour rallier Gourbeyre à Anse-Bertrand. Dès le départ la seule difficulté du jour se présente au 5ème kilomètre et s’en suis une longue descente puis une succession vallonnée de grande route, petite route. Un très gros vent balaye l’ile, je redoute les bordures et le scénario de la première étape. Chose qui arrive au bout de 30km! Après une chasse d’un peu plus de 10km nous reformons un gros peloton. Je choisi ce moment pour attaquer et provoquer un groupe, peine perdu. En revanche les coureurs qui contrent ma tentative forment une échappée ! J’essaye de revenir sur eux mais avec un temps de retard et seul dans le vent, je ne bouche pas le trou et je suis obligé de laisser filer une nouvelle fois ce groupe qui semble être "le bon groupe". Derrière c’est la guerre pour rester dans les roues et s’abriter du vent, l’écart grimpe jusqu’à plus de 3’30! Les coéquipiers du maillot jaune réagissent et font un gros tempo, nous revenons à 1’16, devant sentant la menace venir et surtout la fin d’étape approchant, les coéquipiers des sprinteurs remettent "en marche", ils se disputeront la victoire d’étape et nous, nous franchirons la ligne avec un peu plus de 2’ pour une 30ème place (en grand sprinteur, je termine à une anonyme 47ème place)…

Mardi 4 aout – 4ème étape : L’une des étapes les plus redoutés de ce Tour… En effet 142km pour rallier Vieux-Habitants depuis Anse-Bertrand, mais avec 3 GPM répertoriés dans les 40 derniers kilomètres, suivi d’un final en véritable montagne russe! J’avais pointé cette étape en espérant me glisser dans un groupe dans la première partie et ensuite pouvoir exprimé mes qualités de grimpeur sur le final. Tactiquement c’est ce qu’il fallait faire; lors de la création de l’échappé je réponds mais je n’ai plus de force! 
Je sens que mes jambes sont toutes molles, je suis vidé et ce n’est que le début de l’étape! Je préviens mes coéquipiers qu’aujourd’hui il faut revoir "les plans", je vais faire office de coéquipiers de luxe. De ce fait je récupère les bidons à la voiture, je remonte les gars dans le peloton. Ensuite lors de la grande bagarre des 40 derniers kilomètres, je me fais bloquer par 2 concurrents qui manquent de tomber devant moi, j’entame la terrible côte de Frederick complètement à l’arrêt! Je reprends un groupe qui a explosé dans la montée, devant 3 de mes coéquipiers sont dans le groupe qui me précède. Je termine 50ème de l’étape dans mon groupe avec 5min de retard sur mes coéquipiers qui terminent eux aussi dans leur groupe! Maintenant j’espère récupérer afin de pouvoir faire une étape "comme il faut" sur ce Tour et aidé le mieux placé de l’équipe pour défendre sa place au général ou l’aider à chercher une victoire d’étape...

Mercredi 5 aout – 5ème étape : Aujourd’hui encore une étape longue de 149km entre Vieux-Habitants et Goyave. A l’inverse d’hier, les difficultés sont dès le départ dont le terrible col des Mamelles qui est le plus haut de l’ile avec ses 686m. Nous avions prévu de faire le départ et de créer une échappée. Chose faite dès le kilomètre zéro! Un de mes coéquipiers est à l’origine de cette attaque et forme un groupe d’une petite dizaine. 
Dans le premier GPM, au 13ème kilomètre je pars en contre avec 4 autres coureurs et rentrons sur le groupe de tête. Avec 2 représentants dans l’échappée nous sommes confiants pour la suite de l’étape et surtout nous pourrons servir de relais pour les autres. Au pied des Mamelles, j’entame le col en tête légèrement détaché, très vite la pente oscille au-delà des 10%! Je trouve mon rythme, mais je sens que mon manque de force présent depuis le début du Tour va me couter cher… Après seulement 2 kilomètres de montées je suis presque arrêté! Je ne parviens même plus à tenir mes valeurs d’entrainements! Je me fais doubler par ce qui reste du peloton qui explose en plusieurs morceaux, je me bats pour rester dans les roues! Je saute littéralement comme un simple cadet! Au sommet je suis avec un petit groupe d’une dizaine de coureurs, nous basculons avec presque 1’ mais les voitures suiveuses en point de mire! Nous effectuons une descente très rapide mais celle-ci pas du tout technique ne nous a pas favorisés. Après une chasse de plus de 25 kilomètres nous parvenons à réintégrer ce qu’il reste du peloton soit une grosse soixantaine de coureurs! A peine revenu je reprends mon rôle de coéquipier en ravitaillant mes 3 coéquipiers qui ont parvenus à rester dans le pack. A 30 kilomètres de l’arrivée un petit groupe sort avec un de mes coéquipiers, ils vont compter jusqu’à 1’30 d’avance mais derrière les professionnel de Bridgestone veulent un sprint massif… A 2 kilomètres du but la jonction s’opère, le sprint devient inévitable, je remonte un de mes coéquipiers qui se sent d’aller chercher une place! Il termine 9ème et moi je termine 16ème tout de même… Malgré ma défaillance lors du col des Mamelles, je retrouve des sensations et surtout du plaisir à vivre la course!

Jeudi 6 aout – 6ème étape : Une étape qui peut passer pour une de transition vu le profil du jour. 146km de Goyave à Pointe-Noire avec les premières difficultés qui interviennent au 86ème kilomètre! 
Nous avions prévu de suivre les coups et prendre de l’avance avant que la grosse bagarre se déclenche. Dès les premiers kilomètres cela roule très vite, beaucoup de tentatives mais pas de réussite. Puis aux environs des 15 kilomètres de course, un groupe d’une grosse dizaine  s’est constitué à l’avant, mais sans représentant de la Défense! Je me positionne en contre et part avec quelques coureurs pour rentrer sur cette échappée. Après une chasse à très vive allure (plus de 48km/h de moyenne!), nous effectuons la jonction! Notre groupe prends vite de l’avance, chacun collabore et l’écart grimpe jusqu’à plus de 3’! En revanche lors de chaque relance je sens du jeu dans mon train avant… Je n’ai pas crevé, j’effectue un contrôle du serrage de mes cocottes, puis le jeu de direction et là horreur! Ma fourche est coupée juste sous la potence! C’est en train de s’accentuer à chaque bosse, je n’ose plus me mettre en danseuse et je prends les virages à "l’arrêt", j’appelle ma voiture suiveuse, hélas pas de "mulet" (vélo de remplacement) , ils partent demander aux autres équipes s’ils peuvent nous dépanner un mulet avec des pédale Time. Pendant ce temps je roule sur des œufs en tentant de rester au contact de l’échappée, puis la sentence tombe : "Stéphane on n’a pas de vélo de rechange, tu bâches c’est trop dangereux de continuer avec ton vélo comme ça!"
 
Voilà comment mon Tour International de Guadeloupe se termine au bout du 48ème kilomètre de la 6ème étape suite à une casse matériel! Alors que je commençais à retrouver de vraies sensations et à enfin pouvoir m’exprimer sur ce Tour! Je suis complètement déprimé et écœuré de cette mésaventure! Ceci-dit je m’en sors bien car une casse de ce genre dans une descente ou sur un dos d’âne et la roue qui se met à 90°,  ce n’est plus pareil…




 
Mais il faut savoir qu’après recherche sur Internet au sujet de la casse des fourches, cela est dût aux jeux de direction Acros! Certains vélos auraient étés rappelés pour changement de ce jeu de direction! Vous pouvez apercevoir que sur ce zoom d’un des Focus Izalco Max de l’équipe AG2R la Mondiale, ils utilisent des jeux traditionnels avec expandeurs!

Donc certes ce jeu est plus léger qu’un traditionnel comme je vous le ventez lors de ma présentation de mon Focus Izalco Max mais niveau fiabilité ce n’est pas encore au point! C’est malheureux de l’apprendre à mes dépends!

Un conseil pour tous les détenteurs de Canyon, Focus et tous autres vélos qui ont ce jeu de direction vérifiez vos fourches si elles ne commencent pas à se fissurer! Mieux vaut prévenir que guérir et surtout éviter une chute qui pourrait se révéler très lourde de conséquences!

J'ai ensuite servi d'assistant pour mes coéquipiers restés dans la course. C'est toujours aussi passionnant et intense de vivre les étapes dans la voiture suiveuse! Nous avons fait bonne impression sur ce Tour et surtout mis les Clubs de la Défense en avant! Normalement nous devrions revenir l'année prochaine, j'espère refaire parti de l'aventure, mieux me préparer en connaissance du niveau et du terrain et surtout ne pas avoir de soucis mécanique...